Interview Wilfried Zahibo “Je n’ai rien lâché”

De retour à l’entraînement depuis la semaine du 11 mai, Wilfried Zahibo et ses coéquipiers ne savent pas encore quand le championnat de football américain va reprendre. L’occasion pour nous de revenir avec lui sur sa carrière atypique, de la Red Star en Guadeloupe aux New England Révolution à Boston en passant par Valence.

Salut Wilfried, quelle est la situation actuelle concernant le football en MLS ?

Aujourd’hui on ne sait toujours pas quand le championnat va reprendre mais il y a quelques propositions qui ont été faites. Il y aura peut-être un mini-tournoi en juillet prochain. En principe, on sera tous testés et confinés au même endroit. 

Que penses tu de cette idée ? 

C’est compliqué parce qu’on avait commencé un championnat et on va surement repartir sur quelque chose d’autre, donc ce n’est pas idéal mais la seule chose que je veux c’est jouer. Tout le monde veut jouer et repartir sur quelque chose d’à peu près normal. 

Comment la MLS a-t-elle géré la crise sanitaire ? 

Au début ça a un peu trainé mais à partir du moment ou le basket qui est un peu le sport « roi » au Etats-Unis a arrêté, nous on a arrêté dans la foulée et depuis on est dans l’attente. 

Durant l’arrêt, tu avais un programme à suivre ? 

On a toujours eu un programme, le club a livré certains matériaux comme des vélos pour ceux qui n’en avait pas. Quelques appareils afin que chacun ait une petite salle de gym à la maison pour que l’on puisse s’entretenir, parce qu’on ne sait pas quand on va rejouer mais on sait que quand ce sera le cas, les matchs vont s’enchaîner donc il faut rester prêt. 

A quoi ressemblait tes journées durant l’arrêt ?

Je me réveillais, j’allais courir 5 ou 6 kilomètres, ensuite il fallait revenir, manger, faire la sieste, un peu de vélo l’après midi et après c’était play honnêtement. (Rires) 

Tu joues à quels jeux ?

Je joue à Fifa, j’ai essayé Call Off Duty mais je suis pas assez bon… J’ai essayé mais ça me stressais plus qu’autre chose. (Rires) 

Vous avez repris l’entraînement collectif, comment ça se passe ? Chacun est dans son coin ? 

Non pas vraiment on a petit groupe de quatre, on s’entraine avec le préparateur physique mais on respecte les distances de sécurité… C’est une manière de s’entrainer ensemble. on essaie de faire un travail physique, même si on ne fait pas de contact ou de jeu. On est plus axé sur l’aspect physique. 

Comment as-tu commencé le football ? C’est une passion de famille ? 

Je ne viens pas pas du tout d’une famille de footeux. Mes parents, viennent d’Afrique, ils sont venus en France puis en Guadeloupe parce que mon père travaille à l’université. Dans ma famille, faire carrière dans le sport ce n’était pas une option. Vers mes huit ans j’ai commencé à jouer en club car j’ai suivi un ami de ma soeur, Loïc Vounzy qui était à la Red Star. C’est en club que j’ai vraiment commencé à aimer le foot, avant je jouais à l’école dans la cour mais sans plus. C’est vraiment vers 12-13 ans quand j’ai représenté la Guadeloupe dans des compétitions et en jouant contre d’autres jeunes que j’ai décidé que je voulais devenir professionnel. 

Du coup à la maison il n’y avait pas de foot ? 

Moi j’en regardais mais ma famille pas trop, ma soeur elle a fait HEC, première de classe et moi qui arrivait derrière c’était le chemin à suivre… À 14 ans j’ai dit à mon père que je voulais faire du football et du coup il m’a envoyé en France chez mon oncle. 

En Guadeloupe tu étais à la red-star quels souvenirs gardes-tu de cette période ? 

De très bons souvenirs, à la Red Star on avait la chance d’avoir un groupe d’amis et le coach Corval qui a suivi toute notre génération. Ensuite je me suis retrouvé au Creps, où c’est devenu un peu plus sérieux… Avec le Creps on a fait les coupes nationales et c’est à partir de ce moment là que je me suis dit « ce serait pas mal de continuer ». Je n’ai malheureusement pas eu la chance d’être repéré automatiquement du coup, je me suis retrouvé à 14ans avec un choix à faire…  

Tu es donc parti … 

Voilà. J’avais décidé de tenter ma chance. Je suis parti à Sète avec le but d’accrocher un club professionnel.  Je suis allé là bas chez mon oncle et il m’a dit “tu as deux ans pour trouver un club”. 

Tu avais une deadline ?

C’est ça. À Sète on jouait tous les clubs professionnels du sud : Monaco, Montpellier, Toulouse… 

En U15 Nationaux ? 

C’est ça, on était nationaux mais le club était amateur. On jouait contre des centres de formations. Mon plan c’était d’avoir une passerelle pour atteindre un centre de formation d’un club professionnel. Après deux ans, je décroche un test à Auxerre, mais il ne me garde pas…

J’arrive sur la troisième année et mon oncle me dit « Je sais pas si tu vas y arriver, faut que tu prennes une décision ». Parce que je ne voulais pas continuer l’école. J’étais à fond sur le football. Je lui ai demandé de me laisser encore 6 mois.  

Et la boum… 

Je commence la troisième année et ça se passe très bien, je progresse, je fais de bons matchs. Un jour, on joue contre Ajaccio et je fais un très bon match. Après la rencontre, Andy Delort qui jouait à Ajaccio à l’époque m’appelle… 

Andy Delort ? 

Oui, il a été formé à Sète et on se connaissait par des amis communs du coup il m’a appelé pour me dire que le coach d’Ajaccio lui avait parlé de moi et il m’a demandé si je voulais venir. Au début je ne voulais pas trop parce qu’à Ajaccio il y avait des problèmes donc j’hésitais mais j’y suis allé parce que c’était ma seule chance. 

Qu’est ce qui a fait la différence selon toi lors de cette dernière année ? 

Quand tu arrives en France en sortant de la Guadeloupe c’est toujours compliqué de s’adapter. Quand j’arrive je n’ai pas de repères, je n’ai pas mes amis… Tu arrives qu’on le veuille ou non, tu es étranger. J’ai eu du mal à m’adapter, même à la culture. Je jouais au foot, je prenais du plaisir mais c’était pas ça… Ce qui a changé aussi c’est qu’à la troisième année on avait un groupe d’amis qui s’était formé lors des deux premières années, il y avait un certain confort. D’un autre coté, c’était ma dernière année donc ça a changé aussi ma manière de travailler parce que quand on est jeune on n’a pas la mentalité de professionnel… Je me suis donné à fond sur cette dernière année et j’ai eu la chance que l’on m’appelle. 

Arrivé à Ajaccio tu n’as pas vraiment eu ta chance en équipe première… 

Au début ça se passait très bien j’arrive en U17 nationaux, je m’entends bien avec le coach et Ajaccio c’est un club professionnel mais sans le glamour des grands clubs donc c’était super. Je commence à jouer et rapidement je prends de l’ampleur. Assez rapidement, je monte m’entrainer avec la réserve. L’année suivante, je monte encore faire la pré-saison avec l’équipe première et après je redescends avec la réserve. Durant la saison, je m’entrainais avec l’équipe première et je redescendais jouer les matchs avec la réserve. Quelques fois, lors de matchs amicaux je montais j’étais sur le banc (de l’équipe première) je ne rentrais pas encore en jeu mais j’étais à deux doigts. 

La troisième année j’arrive et on me dit que je reste avec l’équipe pro. La même année on m’appelle également en équipe de France U19, c’est à ce moment que je prends confiance en moi et que je me dis que « ça va le faire ». Du coup, je signe un pré-contrat de un an plus 3ans. 

Wilfried Zahibo lors d’un rassemblement avec l’équipe de France U19.
Crédit : fff.fr

Tu n’avais pas de contrat avant ça ? 

J’étais sous convention, ce sont des contrats de un an que l’on reconduit ou pas… A ce moment là c’était mon premier contrat d’une année qui pouvait devenir un contrat de 3ans si tout se passait bien. Je commence la saison avec le groupe professionnel qui était en ligue 1 et malgré le fait que je n’ai pas eu ma chance en L1, dans ma tête tout se passait bien. J’ai 19ans, j’ai été appelé en EDF et je suis avec le groupe pro pour moi tout allait pour le mieux. 

Qu’est ce qui va changer ? 

L’équipe est descendue en Ligue 2, le coach et le directeur sportif qui m’avaient fait venir se sont fait virer et Ravanelli arrive. En arrivant, il m’a clairement dit que je ne faisait pas parti de ses plans. A ce moment là moi je ne voulais pas rester, pour jouer avec la réserve alors que je sors d’une saison ou je me suis entrainé avec les pros toute l’année. 

Il fallait partir… 

Oui mais le problème c’était le timing. J’apprends que je ne fais pas parti des plans en juin, alors que la ligue 2 reprend quelques semaines après. Mon plan c’était de rester en Ligue 2 et de jouer le championnat avec une autre équipe, mais à l’approche du début du championnat les négociations trainaient et moi je ne voulais pas être à la rue. J’ai reçu une proposition d’une équipe de D2 en Espagne et j’ai décidé d’y aller. Arrivé là bas je suis prêté en 3e division. 

Pourquoi ? 

Quand je suis arrivé là bas, j’ai pris du temps à m’adapter avec la langue etc. Mais ça me dérangeait pas d’être prêté en troisième division parce que j’avais mon contrat (de deuxième division) et ça me permettait de jouer. L’année à Ajaccio je n’avais pas beaucoup jouer parce que j’étais « coincé » entre l’équipe une et la réserve. Quand j’étais sur le banc avec les pros lors d’un match à domicile c’était cool parce que je pouvais jouer le lendemain avec la réserve. Mais quand c’était à l’extérieur, des fois tu te retrouves à faire des week-end sans jouer pour aucune des deux équipes. 

Et c’est en troisième division que tu te fais repérer par Valence ? 

Oui, ça se passait très bien je faisait de bons matchs, je jouais 6 depuis mon passage à Ajaccio et la manière de jouer en Espagne me convenait parfaitement parce que je touchais beaucoup de ballons. Après 6 mois, Valence m’a appelé. 

Ce sont des recruteurs qui t’ont repéré ? 

Pas vraiment parce qu’en troisième division on jouait contre les réserves des clubs professionnels. On avait l’Atletico Madrid, le Real Madrid…. Du coup on te voit directement. 

“Lorsque Gary Neville est arrivé à la tête du club, il est venu voir un match de la réserve et il m’a fait passer en équipe première. “

Quand Ayala qui était directeur sportif m’appelle, le plan c’était de signer mais de commencer avec la réserve de Valence avec la possibilité de monter en équipe première si tout se passait bien. Au début je n’étais pas trop pour parce que j’avais un contrat en deuxième division et si je partais pour jouer en troisième sans jamais monter, ce n’était pas avantageux. Mais Ayala a su me convaincre. J’ai aussi parlé avec Jocelyn Angloma et ils mont convaincu que c’était la meilleure solution. 

Tu penses toujours que c’était la meilleure solution ? 

Oui, c’était la meilleure solution parce que j’ai réussi à jouer en équipe première. Sinon, j’aurais quand même eu le club de Valence sur mon CV, ce qui offre toujours plus de solutions par la suite. Mais c’était risqué parce que si je n’arrivais pas à passer en équipe première je n’aurais pas eu d’expérience en deuxième division ou en première. C’est comme un jeune d’un club comme le PSG, si tu ne t’imposes pas en équipe première, tu peux te retrouver sans expérience ni en ligue 1 ni en Ligue 2 et c’est compliqué de rebondir après. 

Tu avais un peu peur de te retrouver dans le même schéma qu’à Ajaccio ? 

Exactement. 

Wilfried Zahibo à Valence (sept rencontres disputés lors de la saison 2015-2016) Crédit : Mondedufoot.fr

Comment as-tu fait pour passer le cap ? 

A Valence j’ai fait la pré-saison avec l’équipe première. Quand Gary Neville est arrivé à la tête du club, il est venu voir un match de la réserve et il m’a fait passer en équipe première. Il a commencé à me faire jouer des matchs de coupes, notamment contre le Barça. J’ai aussi joué en championnat. Mais l’équipe n’avait pas de bons résultats, et Gary Neville s’est fait virer. Avant de se faire limoger il m’avait fait une proposition de contrat, on était en pleine négociation. J’étais un peu son « petit » parce que c’est lui qui avait demandé au club de me prolonger. 

Quand il s’est fait limoger l’offre de contrat est parti avec lui ? 

Non, le coach Ayestaran est arrivé et il a estimé que le contrat était trop élevé. On a reprit les négociations à zéro. Trois mois avant la fin de l’année, on se met enfin d’accord. Le jour ou j’arrive pour signer le contrat, les termes avaient changés. A ce moment la je me vexe et c’était de l’orgueil mais je me suis dit que si ils voulaient vraiment me signer ils l’auraient fait. La saison se finit je ne joue pas et je décide de repartir en seconde division. 

Comment as tu décidé de quitter le football européen et de partir aux USA ? 

Au Gim (Gimnàstic Tarragone), les choses se sont dégradés lors de ma seconde saison parce que le club avait changé d’entraîneur. Avec lui contrairement avec celui de la première saison, ça ne passait pas. Du coup je ne jouais pas beaucoup. J’ai donc décidé de partir. J’avais plusieurs options notamment de clubs de seconde division espagnole. A ce moment là Gary Neville m’a appelé et il m’a proposé de partir à New England ou Brad Friedel son ami, était coach. Il me connaissait et il me voulait dans son équipe. 

Wilfried Zahibo sous les couleurs de New England Revolution.
Crédit : Francefootball.fr

Gary Neville et toi vous avez toujours une bonne relation ? 

Un peu moins on s’est un peu perdu, on s’envoie toujours des messages de temps en temps. C’était l’entraîneur qui m’avait fait le plus confiance quand personne ne m’avait fait confiance. Il m’a donné ma chance dans un top club européen. Quand il m’a dit que j’allais être dans un club où je pourrais être important mais surtout où on va me faire confiance, ça a pesé dans la balance. Parce que le foot c’est bien où que l’on soit, en Espagne en France… Mais être quelque part ou on peut avoir la confiance de son coach et de tout le monde… C’est important.

Quels sont tes impressions sur la MLS ? 

Au début j’avais quelques à priori mais le niveau est très bon, un peu moins bon qu’en Liga parce que la Liga c’est vraiment le très haut niveau mais le championnat n’a rien à envier à la Ligue 1 par exemple. 

En MLS tu es aussi devenu un joueur international, comment as-tu choisi le Centrafrique ? Sachant que tu pouvais aussi être international ivoirien… 

Le choix a été difficile. Quand j’étais à Valence, j’ai été appelé par la Cote d’Ivoire U23 mais je voulais être appelé en équipe A. On est resté en contact avec la sélection ivoirienne… Le choix c’était entre cette équipe ou y’avait des Yaya Toure, des Kessie… ou je serais 18e ou 19e… C’était un dilemme, un peu comme choisir entre ton père et ta mère, tu aimes les deux mais tu dois choisir c’était compliqué. 

Sportivement tu pouvais jouer un plus gros rôle dans le projet du Centrafrique

C’était pas à propos de jouer un plus gros rôle, l’histoire c’est que j’ai eu Geoffrey Kondogbia au téléphone qui m’a demandé si je voulais venir. Mais j’avais pas encore pris ma décision. Mais avoir l’opportunité de jouer pour le Centrafrique et d’essayer de qualifier ce pays pour la Can ce qui n’a jamais été fait. Essayer de réaliser ça, quelque chose de grand et d’historique c’est ce qui m’a séduit et qui a fait la différence. 

“Quand on vient de Guadeloupe on a un retard comparé aux jeunes de France qui sont dans les centres de formations.”

Aujourd’hui à New England Revolution tu es bien installé ? 

Oui, il me reste un an de contrat et j’ai une année en option. J’ai passé trois belles années ici. J’ai joué et j’ai progressé ce qui était mon objectif en arrivant. Le but c’était vraiment d’avoir de la continuité et c’est le cas ici donc je suis content. Il me reste une année et une option mais dans le foot on ne sait jamais donc je vais me poser en fin de saison afin de voir les meilleures options qui s’offrent à moi.

Tu penses à retourner en Europe ou tu penses rester en MLS ? 

Oui j’ai eu des contacts en Europe. Mais si je pars c’est vraiment pour jouer en première division donc on verra bien ce qui se passe… Mais si je pars ce sera pour être dans de bonnes conditions. 

On a parlé de ta carrière, quels conseils pourrais-tu donner à un jeune antillais qui veut devenir professionnel ? 

Il faut croire en ses rêves. Quand on vient de Guadeloupe, on arrive avec un retard comparé aux jeunes de France qui sont dans des centres de formations. Ensuite c’est un autre niveau donc il faut travailler. Surtout, il ne faut pas se contenter d’un « non » d’une personne qui ne croit pas en toi. Moi par exemple, on m’a dit non plein de fois, on m’a dit plein de fois que je n’allais pas y arriver… Et au final il ne faut pas lâcher il y aura toujours une personne qui va croire en toi. Il suffit d’une personne pour faire pencher la balance. 

Tu as développé un mental d’acier !

Ça se forge. Ce qui m’a aidé c’est que je n’avais pas d’autres options. Le foot c’est ce que je voulais faire et quand on m’a dit que je n’allait pas y arriver, je n’ai rien lâché. Quand tu n’as que le “plan A” il faut se donner à fond. Mais ce n’est pas quelque chose que je conseillerais à tous, parce que je connais d’autres personnes qui comme moi avaient tout miser sur le foot qui aujourd’hui se retrouvent en difficulté mais moi ça m’a aidé. 

Pour finir un petit quizz : Quel joueur t’as le plus inspiré ? 

Patrick Vieira et ensuite Abou Diaby. Parce que pour moi si il ne s’était pas blessé il serait le meilleur. Malheureusement il s’est blessé mais sinon il était le meilleur à mes yeux. 

Quel joueur avec qui tu as joué t’as le plus impressionné ? 

Dani Parejo. A Valence, il était vraiment hors norme techniquement et même mentalement parce que le club a eu une saison difficile et c’était vraiment un leader. 

Et un adversaire ? 

Rakitic. Quand j’ai joué contre eux (Barcelone), il m’avait vraiment impressionné. Il y avait Neymar aussi mais comme j’étais au milieu, j’étais plus souvent confronté à lui dans le jeu et il était vraiment très fort. 

Si tu devais choisir un joueur par ligne ? (Un gardien, un défenseur, un milieu et un attaquant) 

En gardien je dirai Ter Stegen parce qu’il sait tout faire, le défenseur je choisis Sergio Ramos. Mon milieu ce sera toujours Patrick Vieira et l’attaquant je dirai Andy Delort parce que c’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup et ça me fait plaisir de voir ce qu’il fait aujourd’hui. 

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